Retour sur cet Ultra de Madère, récit croisé par Germain & Katie

La galère commence

24 Avril, ça y est, il est temps de décoller pour le Portugal et son île de plus en plus convoitée, Madeira la bella. La préparation a été bonne, à forte dose de ski de rando, il faut le dire. Pas vraiment le choix, habitant en montagne dans le Mercantour, c’est avec joie que je parcours ce massif skis aux pieds en hiver et au printemps. Cela me laisse le temps d’apprécier le silence et la puissance de la nature, de revenir à mes premiers amours. J’ai, en effet, appris à skier avant d’apprendre à marcher !

Premier test Trail avec Katie Schide (compagne et team-mate), le Trail des Balcons d’Azur 47km début Avril, que nous remportons chacun avec de bonnes sensations à la clef. La confiance est là, tudo bem. Et oui, il va falloir se mettre au Portugais, ne croyez-pas vous endormir sur cette lecture !

On en était donc au 24 Avril, je vous disais qu’il était temps de décoller pour Madère…mais pas d’atterrir. Vents trop violents sur l’île et me voilà en transit un jour de plus à Lisbonne où je rencontre un compagnon d’infortune, Yann Alarçon du team New Balance. Nous passerons 14h à l’aéroport, décollera, décollera pas on se retrouve finalement le lendemain en touriste à Lisbonne : petit footing touristique reliant Praça do commercio et ponte 25 de Abril, nous sommes toujours dans l’attente d’un vol pour Madère. Mercredi 16h, tà bom, nous avons notre vol et après 2 tentatives d’atterrissage à l’aéroport de Funchal, nous voilà posé au milieu de l’Océan atlantique, ouf !

Tout est rentré dans l’ordre, ou presque, la maison que nous avions louée et un vrai taudis. Les fenêtres sont cassées, des étincelles qui sortent des robinets, il y a des crottes de rats partout, des vierges marie sur les murs, à tout moment nous sommes prêts à découvrir un corps caché quelque part ! je suis pris d’une crise d’urticaire au milieu de la nuit (blanche !), sauve qui peut, il nous faut trouver une solution !

Jeudi 26 Avril, après-midi, nous sommes en lieu sûr, il nous reste un jour pour récupérer de ces péripéties et de profiter un max de l’île. Nous décidons d’aller courir entre le Pico Ruivo et Arriero, bien nous en a pris, le spectacle est magnifique. Le sentier en balcon trouve son cheminement entre crêtes escarpées et cirques vertigineux aux remparts de basaltes, MAGNIFICO ! Voilà qui fait du bien au moral. Le lendemain, nous allons courir le long de l’océan tout près de Machico (Sud-Est de l’île), quel contraste entre la verticalité du centre de l’île et l’horizontalité de la côte.

28 Avril 7h, Partida Ultra

En parlant de contraste, en voilà un autre, il pleut des sauts d’eau accompagnés de bourrasques de vents, j’ai sincèrement froid. Nous partons de Sao Vicente pour traverser l’île et rejoindre Machico 85k et 4700m de dénivelé plus tard. Je décide de vraiment partir souple avec mon pantalon et veste de pluie, maquillage waterproof, bref, la totale. C’est très boueux, et très brumeux, la vue est bouchée. Un peu déçu, j’ai du mal à me mettre dans la course et rejoint Curral del Freitas, km 30.

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We started the race in the pouring rain, wearing a waterproof jacket, headband, and having huge regrets about packing my bikini instead of my gloves in my luggage. Audrey  Tanguy went out fast from the start and I tried to find a comfortable pace, reminding myself that this would be my longest race ever. After my eyeballs were nearly skewered by some flailing poles (in retrospect I should have given more space), their owner stuck up a conversation. Another American expat! We chatted for a bit before I decided to pick up the pace a bit on a fun technical downhill section and cruised into the second aid station where I picked up a peanut butter sandwich and some snack refills from my crew. The big climb to Pico Ruivo was up next and I knew this would be my chance to close the ~10 minute gap with Audrey – I consider myself more of a speedy hiker than a fast “runner”.

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Je suis alors 5/6ème, au pied des 1300m d’ascension du Pico Ruivo, point culminant de l’île. J’aperçois mon ami Julien Jorro, ça me motive et fait l’effort pour rentrer sur lui. Cette fois-ci pas de guitare ni de chanson…mais quelques blagues tout de même : « Comment met-on 300 portugais dans une voiture ? On met Santos devant et Dos Santos derrière ». Nous sommes désormais occupés à avancer dans cette immense forêt d’Eucalyptus. Ça sent fort, on va finir positif au contrôle anti-dopage ! Il pleut toujours et le vent me déséquilibre sur la crête du Pico Ruivo, j’ai froid, je titube, un éclair de génie me traverse, j’envoie un texto à ma mère « Maman, j’ai froid et je suis à Madère ». Je viens de rentrer sur la tête de course occupée par un portugais et un suisse, j’hésite à ressortir la blague sur les portugais quelques secondes, mais le regard du Portugais m’en dissuade.

I passed a few of the 115km runners who shouted “Allez! You are the second wife!”, a standard French translation error, but still, I wanted to be the first wife! I finally caught sight of her on the ridge between Pico Ruivo and Pico Arieiro and continued to close the gap until we left the next aid station together. Another PB sandwich and two handfuls of potato chips gave me a burst of energy and I passed her in a fast runnable section and didn’t see her again.

Nous sommes à peu près à mi-parcours et nous entamons le sentier vertigineux entre les deux Picos, sentier que j’ai rebaptisé le Pico-Pico ! Km 48, après avoir échangé quelques mots et foulées, mais pas de chocolat, avec Alexis Montagnat, mon ami Suisse du jour, je suis désormais seul en tête. Je rallie, en Paul position, sous un soleil bien chaud, l’arrivée à Machico. Mon téléphone vibre ma mère vient de finir son texto à l’aide de son seul index « met une veste et boit une tisane mon fils, c’est où Madère ? Maman ». Dos Santos, Julien franchit la ligne en 3ème position. Katie est également en tête chez les femmes, nous remportons tous les 2 la course. Quel plaisir de partager de tels moments ensemble. Les portugais nous inondent de « parabens », je ne comprends rien, pourquoi me parlent-ils de shampoing ? Forza.

The rest of the race was spent politely shouting “excuse me!” and then a word vomit of “thank you, obligato, merci, gracias” to all of the marathon distance runners who were sharing the race course. Crossing the finish line in Machico was a huge relief and great accomplishment but I was most happy a few seconds later when I learned that Germain finished first and our friends Julien and Sébastien had their own great performances that day. Definitely deserving of a bolo party that night!

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